On ne devient pas aveugle en éteignant la lumière.
Vesper Lab se résume en trois piliers : une personne, une réflexion, et une idée. Derrière mon histoire, un seul et même fil conducteur, bien visible dans l'obscurité.
L'humain
J'ai passé six ans dans le milieu médical d'urgence, principalement comme ambulancière. C'est en rencontrant des personnes uniques, en écoutant leur histoire et en observant comment le monde interagissait avec elles que je suis tombée dans les sciences sociales. Depuis la cellule de l'ambulance, j'ai consacré mon mémoire aux biais et aux stéréotypes des soignantes et soignants, et à leur effet concret sur la prise en charge des personnes en situation d'urgence.
En visitant les hôpitaux, je me suis arrêtée devant des signalisations illisibles, j'ai trébuché sur des rampes bancales, et j'ai buté sur des sites web en cherchant le bon service depuis mon téléphone. J'ai réorienté mon travail vers la conception web, avec un intérêt particulier pour les organismes de santé, puis vers le développement, pour pouvoir mener mes idées jusqu'au bout.
J'ai ensuite travaillé à l'évaluation de systèmes d'intelligence artificielle : détection des contenus nuisibles, correction des biais, adaptation culturelle, vérification des faits, et rédaction en français épicène. Le même réflexe qu'ailleurs, chercher qui le système sert mal.
Arrivée de France au Québec, je travaille aujourd'hui en français et en anglais, entre deux cadres réglementaires. Ce qui relie tout ça, c'est une même façon de regarder : remarquer ce que personne ne relève, et vouloir comprendre pourquoi c'est là.
L'esprit
Les chauves-souris ont longtemps souffert de la stigmatisation du handicap. Le consensus sur leur cécité s'est formé au détour d'expériences qui consistaient à les aveugler sciemment, pour observer comment elles se repéraient sans la vue. Il était alors impensable qu'une espèce évolue, et d'autant plus impensable de pouvoir vivre en autonomie avec la lumière éteinte. Nous avons compris l'écholocation bien plus tard, et découvert que ces animaux voyaient très bien, et avaient même un sens supplémentaire.
Quand la vespère se réveille au crépuscule, elle remet en question notre vision de ce qui est, ce qui devrait être, et comment vivre ensemble autour de ce qui existe déjà.
Documenter et publier en accès libre, c'est aussi une manière de rester proche de ce que vit une communauté marginalisée : je le fais bénévolement, en dehors de tout mandat. Ce qui limite l'accès n'est pas seulement technique. C'est aussi une question de qui a le temps, les moyens, ou la légitimité perçue de s'engager. La vespère est un animal qu'on a exclu du « normal » avant même de chercher à la comprendre. Une raison de plus pour construire cette communauté avec celles et ceux qu'on met de côté par réflexe, et pas après coup.
L'entité
Vesper Lab est le nom sous lequel je documente et je pratique l'accessibilité numérique : audits, code, et ce que j'apprends en le faisant.
Ce que je publie
L'accessibilité numérique se documente surtout en anglais, souvent derrière un abonnement. Je traduis, je documente et je publie en libre accès : le référentiel des 87 critères WCAG 2.2 en français et en anglais, les outils que je construis pour mes propres audits, et des articles sur ce que j'apprends en chemin.
Une petite organisation qui n'a pas les moyens de mandater personne devrait pouvoir commencer seule.
Comment je travaille
Ce site est audité selon les critères WCAG 2.2, et ses limites connues sont publiées dans sa déclaration d'accessibilité. Mes outils sont conçus pour être utilisables par les personnes qu'ils concernent, y compris au lecteur d'écran. Je suis moi-même concernée par une partie de ces enjeux, ce qui m'évite de les traiter comme des abstractions. J'écris en français épicène, en suivant les recommandations de l'OQLF.
Je me certifie CPACC à l'automne 2026, et j'apprends autant en documentant qu'en auditant.
